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Saturday, 15 September 2018 06:08

La Démocratie participative

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Depuis la nuit des temps, les différentes sociétés humaines ont cherché à constituer un système social pour assurer une certaine continuité dans l'évolution sociétale en garantissant un minimum de sécurité.

 A l'aube de l'Humanité, au sein des tribus, la force était le moyen privilégié pour diriger le clan.

LA THEOCRATIE

Au temps des peuples chasseurs-cueilleurs la pratique de la médiation de l'Homme avec les esprits des morts du clan, du gibier, de la nature est un trait dominant de ces tributs nomades. Les études entreprises ont permis d'établir la recherche d'une communication avec les esprits des animaux.

Au néolithique et dans les premières sociétés primitives, les premières "religions primitives" ont recherché des réponses à travers l'existence d'idoles, aux cultes voués aux animaux, ... pour des questions liées à la mort. L'âme du défunt devait rejoindre le monde des ancêtres pour éviter qu'elle vienne porter atteinte au monde des vivants.

Les études sociologie-archéologiques sur la religion ont permis d'établir vers - 8.000 ans à Nabta Plava en Egypte, la pratique "religieuse" dans un bâtiment (Temple). Cette population constituée d'éleveurs dans le désert honorait des divinités. L'Homme en domestiquant les animaux et la nature commence à s'élever vers les dieux.

A cette période de l'histoire de l'Humanité, l'homme s'interroge sur les causes des phénomènes surnaturels. 

Dans l’Égypte antique, les dieux ont créé la Terre et ils régissent un ordre harmonieux qui permet d'assurer la continuité du cycle de la vie. Le pharaon est le descendant des dieux sur terre.Il est le seul intermédiaire entre les divinités et les hommes. Sa mission terrestre est d'assurer la pérennité de l'harmonie terrestre ( la déesse Maât) et combattre les forces du mal. Les prêtes doivent seconder le pharaon sur l'ensemble du territoire dans la pratique religieuse quotidienne dans les temples. Le temple est la demeure des dieux qui apparaissent sous la forme de statues divines. Le peuple doit apporter des offrandes et participer aux rites liés aux divinités.

Le pharaon est le représentant des divinités, il incarne le pouvoir religieux et il est aussi le roi. En conséquence, il concentre tous les pouvoirs: religieux, judiciaire, militaire, économique dans sa société.  En Chine, la dynastie Zhou s'impose pour unifier une partie du territoire chinois vers 1.200 av. J.C. Le roi, Tianzi est le fils du ciel. Son pouvoir provient de son mandat terrestre.

Dans les religions polythéistes de la méditerranée  chez les grecs, les romains, les gaulois, égyptiens .... il existe un panthéon où les dieux ont des statuts différents avec une relation hiérarchique.

Selon les chercheurs, l'évolution spirituelle des nouvelles religions est venue lors de l'apparition de prophètes vers des religions orientées  vers le salut. Ces nouvelles religions sont monothéistes. On peut citer l’hindouisme, le bouddhisme thaïlandais, les religions hébraïque et juive, le catholicisme breton et l’islam marocain. Par exemple, dans le christianisme, les écritures des évangiles expliquent la relation entre Dieu et les hommes et du salut de l'âme.

L'organisation collective des croyants est du ressort des instances religieuses. Chaque religion établit un système hiérarchique pour diriger et diffuser aux fidèles la bonne parole. Par exemple dans le domaine des valeurs morales, le christianisme développe à partir des citation des apôtres une définition du bien et du mal. Il est abordé les thèmes de l'amour du prochain, le pardon, l'honnêteté, la fidélité, la générosité, la joie, ...

Une analyse historique des différentes civilisations a montré que l’effondrement d'une civilisation est souvent lié à l’effondrement du système social et de son organisation religieuse. La remise en cause de la supériorité de Dieu par rapport aux avancées scientifiques conduit à ébranler le discours sur la destinée humaine. L'acte religieux ne permet pas de transcender la condition humaine.

En Europe, une étude sur les 27 pays de l'Union européenne sur la pratique religieuse a établi ce constat: Dans chaque pays européen, il y a une religion majoritaire issue du christianisme. La confession catholique est majoritaire dans 15 pays, la confession protestantisme est majoritaire dans 8 pays et la confession orthodoxe est majoritaire dans 4 pays.

La prière hebdomadaire est de moins en moins pratiquée par les européens, en particulier chez les jeunes.

LE SYSTEME POLITIQUE

La Nation est une conception politique où une société est gérée par des dirigeants. Cette notion abstraite "La Nation" renvoie à la constitution d'une communauté identitaire.

Comment constituer une communauté identitaire ?

Quelle est l'utilité de la construction des pyramides ?

Quelle est l'utilité des alignements mégalithiques à Carnac en Bretagne ?

Les chercheurs en science sociale ont émis comme hypothèse, la volonté d'un groupe minoritaire d'imposer un ordre social à une population. Dans le cas de l’Égypte Antique, les "paysans" éleveur-cultivateurs vivaient autour du Nil. Sans ordre social bien déterminé entre les tributs familiales. Pour le Pharaon et ses prêtes, il était vital d'instituer un ordre social pour imposer leurs volontés au peuple. L'édification des pyramides permet de rassembler des dizaines de milliers de paysans pour exécuter des tâches déterminées. Chaque construction exigeait plusieurs années de travaux. Ainsi le Pharaon et ses prêtes mettent en place une théocratie. Le Pharaon se soumet à la volonté divine. Son pouvoir est exercé par les prêtes qui sont investies de l'autorité religieuse. Ce pouvoir s'exerce par la persuasion sans recourir à la force.

Au IVe siècle, l'Empereur romain Constantin 1er reconnaît l'église catholique romaine comme l'une des religions de l'Empire.Il favorise son implantation en Europe. Dans la mise en place de son administration, le pouvoir religieux est l'un des soutiens au pouvoir politique de l’Empereur. Il prend des actes juridiques pour permettre aux citoyens le droit de choisir entre le tribunal civil et la médiation de l'évêque alors élu par le peuple.

Les francs conquièrent des nouveaux territoires en Europe par la guerre. Au cours de cette période vers l'an 770, Charlemagne favorise le développement de la chrétienté dans tout son empire, parfois par la force. En 789, il est proclamé l'Admonitio  generalis où le roi édite les nouveaux principes du pouvoir politique vers une théocratie. Au niveau du pouvoir religieux, il confirme l'existence des instances religieuses basées sur le fondement institutionnel de l’Église. Il est aussi institué la vie paroissiale du fidèle à suivre au quotidien. L'obéissance du fidèle aux préceptes est contrôlée par des chargés de mission (Missi dominici). Les évêques deviennent les gestionnaires des possessions du royaume.

En l'an 800, Charlemagne est sacré Empereur par le Pape Léon III qui s'est agenouillé à Rome. La marque de la prosternation du Pape vers le nouvel empereur contribue à accréditer que le Divin l'a choisi comme l'envoyé de Dieu sur terre. Charlemagne devient le 1er Empereur romain d'Occident avec des possessions territoriales étendues dans une grande partie de l'Europe Occidentale.

En 814, la mort de Charlemagne déclenche le processus de séparation en 3 parties de l'Europe carolingienne. L’Église s'est implantée sur l'ensemble de l'empire comme la souligné Angilbert: la chrétienté est un ensemble territorial ... Les différents Conciles où les évêques débattent de certaines questions religieuses ont permis d'affirmer le pouvoir d'une théocratie épiscopale. La papauté devient le centre du pouvoir religieux avec une organisation territoriale basée sur les églises, les monastères, ...

Le couronnement du roi dans une cathédrale par un évêque ou un pape permet d'établir le lien avec le divin.

Lors de la Révolution française, la Convention Nationale prononce la sentence de la décapitation du roi Louis XVI. En 1793, la guillotine coupe le lien entre le divin et le peuple.

Déjà Aristote dans l'Antiquité mentionne un jugement de valeur sur les types de gouvernement et il fait la distinction entre les constitutions normales dont le but est la justice dans l’intérêt commun et les constitutions déviantes qui servent l'intérêt personnel des gouvernants.

Jean Jacques Rousseau dans son livre "Le Contrat social" fait une distinction entre 3 formes de gouvernement:

- la Démocratie (le peuple)

- l'Aristocratie (une élite minoritaire)

- la Monarchie (une seule personne)

La notion abordée de la dégénération des gouvernements par Aristote est retravaillée par J.J Rousseau: Il note qu'un vice inhérent au corps politique, c'est la volonté des gouvernants à agir sans cesse contre leur sens de l'intérêt général.

Montesquieu remarque qu'une autorité a toujours tendance à abuser de ses pouvoirs (De l'esprit des Loix)

"c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser : il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites , il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir". Dans l'Encyclopédie, d'Alembert écrit dans le cinquième volume cette réflexion:

"c’est l’esprit de citoyen qui l’a dicté. L’amour du bien public, le désir de voir les hommes heureux s’y montrent de toutes parts ; et n’eût-il que ce mérite si rare et si précieux, il serait digne, par cet endroit seul, d’être la lecture des peuples et des Rois. Nous voyons déjà par une heureuse expérience, que les fruits de cet ouvrage ne se bornent pas dans ses lectures à des sentiments stériles. Quoique M. de Montesquieu ait peu survécu à la publication de l’Esprit des lois, il a eu la satisfaction d’entrevoir les effets qu’il commence à produire parmi nous ; l’amour naturel des Français pour leur patrie, tourné vers son véritable objet ; ce goût pour le commerce, pour l’agriculture et pour les arts utiles, qui se répand insensiblement dans notre nation ; cette lumière générale sur les principes du gouvernement, qui rend les peuples plus attachés à ce qu’ils doivent aimer."

La notion de séparation des pouvoirs est fondamentale pour identifier le système politique d'un pays ou d'une nation. Depuis l'Antiquité, on peut distinguer plusieurs régimes de gouvernement (Démocratique, Monarchique, Théocratique, Dictatorial).

La séparation des pouvoirs est respectée dans les démocraties à régime parlementaire et les démocraties à régime présidentiel. Dans le régime parlementaire, les assemblées limitent le rôle soit du roi en monarchie, soit du président en république. En régime présidentiel, le chef de l'état a le pouvoir exécutif qui limite l'action du pouvoir législatif.

En France, à la Révolution française, la Convention thermidorienne vote la séparation de l’Église catholique de l'état. Elle reconnaît le pouvoir spirituel à toutes les religions mais interdit à l'église catholique des activités liées au pouvoir civil: tenu des états civils, célébration du mariage civile, ..dans les communes.

La promulgation au journal officiel de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des églises et de l'Etat renforce le pouvoir civil des politiques sur la nation française. Le principe de la laïcité est inscrit dans la loi "Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ....".

Emmanuel-Joseph Sieyès (corédacteur de la Constitution française) oppose le gouvernement représentatif, qu'il contribue à mettre en place, à la démocratie (qu'il rejette) dans son discours du 7 septembre 1789 :

« La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous. D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. […] Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants »;

Au XXIe siècle, le niveau de l'instruction s'est élevé dans l'ensemble de la population européenne. La conscience politique des enjeux de société agite les différents pays européens, comme l'Allemagne, la France, l'Italie, la Belgique, .... La poussée du mouvement des populistes s'appuie sur les échecs socio-économiques des différents gouvernements depuis la fin des Trente glorieuses. Le sentiment de déclassement s'est emparé d'une partie de la population européenne qui ne peut s'exprimer que lors des différentes élections (municipale, régionale, nationale, européenne).

Dans les discours de tous les partis politiques, il y a la défense de la Constitution comme le garant du respect des droits des citoyens. Mais en réalité, cette position garantit aux dirigeants politiques par le système représentatif de conserver le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. La parole du peuple est confisquée par le système représentatif où tous les partis se partagent les différents rôles de soutien et d'opposition au gouvernement.

En France, le mouvement de contestation des Gilets Jaunes en novembre 2018 s'est manifesté autour des blocages des rond-points autour de revendications sociales, comme la mise en place d'un référendum d'Initiative Citoyenne (RIC) & l'augmentation du pouvoir d'achat des travailleurs, ... Ce mouvement social spontané n'était coordonné par aucun parti politique & aucun syndicat, ... cette expression démocratique s'est coordonnée à travers les réseaux sociaux, mais il a échoué dans la transformation de cette force sociale en parti politique.

A cet instant, il y a eu un "flottement institutionnel" où la "Rue" pouvait s'approprier le pouvoir. Le peuple des rond-points était à la porte du pouvoir, mais aucun leader n'a su s'imposer pour canaliser cette force sociale. Sur chaque rond-point chaque participant a pu échanger librement sur sa "galère" quotidienne en pratiquant une forme de démocratie participative. Avec l'ampleur sociale de ce mouvement, il a été organisé quelques rassemblements de "délégués" pour porter leurs revendications sociales. Cependant, la contestation de la base sur l'intronisation de quelques porte-parole a sapé la transformation sociale. Les pouvoirs en place ont su accorder des aides sociales d'un montant d'environ 17 milliards € pour faire dissoudre cette "Jacquerie".

La difficulté de l'expression démocratique est la portée de la parole de chaque participant à un débat qui se traduit en force de mobilisation sociale. Au cours d'un débat, les différents échanges sont difficilement "exploitables tels quels, il faut canaliser ces échanges vers une synthèse qui résume les points importants à défendre. A ce moment, les égos des uns et des autres doivent composer pour arriver à un compromis; cette synthèse doit être l'expression aussi des minorités pour obtenir leur adhésion.

A chaque étape, locale, départementale, régionale et nationale, les compromis négociés finissent par être très éloignés de la première synthèse du niveau local. Voici l'un des écueils de l'exercice de la démocratie participative.   

 

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Antonio Mendes Da Paula

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